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Chez
Decoi, ce n'est pas seulement le programme ou la forme
qui sont ici repensés, mais la dimension même du " temps
" en architecture, compris comme " émergence " ou " formation
". Comme, chez Bergson, l'objet ne peut être séparé de
sonprocessus génétique : l'architecture ne produit pas
un objet, mais un champ potentiel de forces. La production
numérique interroge ainsi les logiques de la représentation.
Elle autorise, pour Decoi, le retour à la forme " décora(c)tive
" (Decoi) dans sa dimension temporelle. Certains de ses
projets nous engagent dans une architecture échangeant,
non seulement de l'information avec son environnement,
mais suscitant des environnements dynamiques dans l'espace
et le temps. C'est le corps qui agit comme décora(c)tion,
déployant un contexte souple, flexible, inscrit dans une
dynamique de réciprocité, en dehors de tout système formel.
Ici l'architecture se donne comme une proposition générative
d'espace-temps évolutif. La technologie digitale ouvre
ainsi sur de nouvelles possibilités productives dans l'architecture,
à travers, entre autres, le recours aux machines à commande
numérique.
La question de la présence traverse toute cette décennie
de recherche : qu'il s'agisse de la disparition de l'architecture
comme forme dans les projets du début des années 90, où
l'architecture se délite en trace, en vecteur d'un état
transitionnel (Ether/I,1995), ou des transformations paramétriques
de Paramorph (1999), " vortex spatial " qui modélise le
son et le mouvement. Pour Decoi, l'enjeu consiste à créer
non pas une forme, mais une possibilité de forme, non
pas une architecture, mais une possibilité d'architecture,
au sein d'un système créatif ouvert, dans les interstices
desquels se tient l'architecture.
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