|
Ce
deuxième numéro de la revue Exposé questionne la fondation
de l'oeuvre. Elle apparaît comme un espace potentiel d'inscriptions
multiples voué à la dissémination des procédures; l'espace
n'est plus un cadre kantien dans lequel vient s'inscrire
un objet, mais est traversé par un processus de déplacement.
« L'image n'est pas un objet mais un processus », écrivait
Gilles Deleuze; son inscription s'est morcelée en localité.
Le corps s'écrit comme un graphe en mouvement pour les
avants-gardes. Dès les avants-gardes, les artistes échappent
à la logique d'inscription à travers des tentatives de
vol, où l'oeuvre se détache de son implantation. Dans
l'aprés-guerre, les pratiques de dérive et de déambulation
transforment littéralement l'oeuvre en démarche dans l'espace
urbain ou la nature; la carte de géographie opère alors
comme un instrument d'extension de l'oeuvre à l'horizon
géographique ou comme un outil de restructuration de multiples
espaces parcellisés. L'architecture se fluidifie dans
le Cyberspace, se donne comme un système de visions multidimensionnel,
non pas une construction unitaire, mais plutôt l'articulation
d'éléments atopiques dans l'espace. A l'inscription factuelle
se sont ainsi substituées des pertes multiples d'inscription,
à savoir une économie a-territoriale de la création que
retrace ce numéro d'exposé à travers des articles historiques,
des essais, des monographies d'artistes contemporain et
des textes littéraires, poursuivant le parcours transversal
inauguré par le « Propre des noms ».
Commander ce
livre
|