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Dans
le domaine de l'urbanisme, le débat sur les potentiels
de la " société de l'information et de l'intelligence
" se détourne peu à peu de l'intégration de la complexité
d'un développement durable. L'enjeu est aujourd'hui de
construire de manière continue, distribuée et dynamique
des cohérences environnementales, économiques et sociales.
Sous la direction de Valérie Châtelet, architecte-urbaniste
engagée avec anomos/skylab dans l'exploration de l'impact
des technologies numériques, une dizaine d'auteurs apporte
leurs contributions à ce débat. Ces essais sont illustrés
par de nombreux projets pour la plupart inédits et rassemblés
pour la première fois autour de ce thème. Historiens,
géographes, ingénieurs, artistes, architectes et des urbanistes
interrogent les implications de cette nouvelle condition
urbaine. Parmi les contributeurs, Dominique Rouillard
trace un parcours historique de l'intégration des technologies
de l'information et la communication pour l'urbanisation.
En référence aux travaux de l'inventeur américain Buckminster
Fuller, Valérie Chatelet développe le principe d'une nouvelle
articulation des décisions pour l'urbanisme et l'aménagement
du territoire. Carlo Ratti et Daniel Berry du laboratoire
de recherche du Massachusetts Institute of Technology
(MIT) SENSEable City évoque l'idée de paysages mobiles
développés par l'internet sans fil et les téléphones mobiles
qui reconfigurent nos modes de vie.
Les technologies ont aujourd'hui infiltré nos villes.
Des "caméras de surveillance ont été installées à tous
les coins de rue, dans les magasins et les bureaux, des
capteurs ouvrent automatiquement les portes, des câbles
à fibres optiques ont été posés sous nos rues, et l'espace
est parcouru par les ondes du réseau sans fil" (J. Huang
et M. Waldvogel). Les distinctions entre la vie quotidienne,
le travail et les loisirs s'estompent et définissent de
nouvelles pratiques de l'espace dont la gestion est de
plus en plus proche du temps réel (G. Schmitt ; C. Ratti
et D. Berry). Les téléphones cellulaires, les équipements
portables permettent par ailleurs l'émergence de nouveaux
modes de collaboration pour l'élaboration et la maintenance
des biens publics (J. Huang et M. Waldvogel; V. Chatelet).
L'augmentation des capacités de calcul et la numérisation
croissante permet de " traiter des données localisées
incluant des interactions spatiales nombreuses et diversifiées
", de simuler " l'évolution spatiale d'une ville ", "
d'explorer des futurs possibles " (D. Pumain). Enfin l'évolution
des outils de conception, l'amélioration des systèmes
d'information géographique mais aussi de nouvelles stratégies
de développement des projets restructurent les pratiques
de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire (V. Châtelet
; L. Perrin ; D. Gerber ; G. Schmitt).
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